ISLAMOPHILE ===> ne pas être anti musulman est suspect…..

Peut-on mener des recherches sur l’islam sans être inquiété?

L' »affaire » Vincent Geisser, du nom de ce chercheur au CNRS, objet d’une procédure disciplinaire (voir mon post du 8 juin), est-elle la preuve que la liberté scientifique est menacée en France? Non, affirme Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Peut-être, répond en substance Olivier Roy, directeur de recherche au CNRS.

Le 29 juin, Vincent Geisser, politologue à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (Iremam) d’Aix-en-Provence, est convoqué devant la «commission administrative paritaire» du CNRS pour «manquement grave» à «l’obligation de réserve à laquelle (il) est tenu en tant que fonctionnaire».

Que lui reproche-t-on exactement? «Des propos tenus à l’encontre de Monsieur Joseph Illand, fonctionnaire de sécurité défense du CNRS», peut-on lire dans la convocation. Cet ancien ingénieur général de l’armement, qui a pris ses fonctions le 1er septembre 2003, est chargé de protéger le CNRS de toute tentative d’espionnage ou d’entrisme risquant de nuire aux intérêts fondamentaux de la Nation (voir son interview au journal du CNRS).

Or, Vincent Geisser se plaint d’avoir fait l’objet d’une «surveillance étroite de la part du fonctionnaire défense du CNRS». Selon lui, l’un de ses collègues du Cevipof (centre de recherches politiques de Sciences-Po) aurait consulté par le ministère de la Défense sur le «risque» que ses travaux ne cachent la constitution d’un «lobby arabo-musulman» au sein du CNRS.

Dans son courrier, Valérie Pécresse affirme que « l’objet du litige » est un « mail dont la diffusion a entraîné le dépôt d’une plainte pénale pour diffamation par Monsieur Illand ». Vincent Geisser aurait écrit dans ce message que « le fonctionnaire défense est un idéologue qui traque les musulmans et leurs «amis» comme à une certaine époque, on traquait les juifs et les justes ».

Cette « affaire » est-elle aussi simple? Vincent Geisser n’est-il inquiété « que » pour ces propos? Le témoignage d’Olivier Roy, directeur de recherche au CNRS, permet d’en douter.

« Je tiens à apporter mon témoignage personnel sur l’attitude du haut fonctionnaire de défense, écrit ce chercheur, car il ne s’agit pas d’un conflit personnel entre lui et Vincent Geisser, mais bien d’une attaque systématique envers les chercheurs qui refusent les clichés sur l’islam. En 2007-2008, j’ai reçu un mail signé du haut fonctionnaire de défense me reprochant de mieux traiter l’islam que le christianisme. Estimant que cette personne n’avait pas à faire état de ses fonctions en exprimant ses opinions personnelles à l’encontre d’un fonctionnaire sur qui il pouvait avoir autorité, et en accord avec mon directeur de laboratoire, j’ai ignoré ce message et je l’ai mis en spam. Il apparaît maintenant qu’il s’agissait d’une sorte de provocation et je regrette d’avoir traité cette affaire simplement par le mépris ».

Un chercheur trop « islamophile » sanctionné?

Est-ce parce qu’il a publié un ouvrage polémique sur La nouvelle islamophobie, que Vincent Geisser, chercheur au CNRS, fait l’objet d’une procédure disciplinaire? Le 29 juin, ce politologue à l’Institut de Images recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (Iremam) d’Aix-en-Provence est convoqué devant la «commission administrative paritaire» du CNRS pour «manquement grave» à «l’obligation de réserve à laquelle (il) est tenu en tant que fonctionnaire».

Que lui reproche-t-on exactement? «Des propos tenus à l’encontre de Monsieur Joseph Illand, fonctionnaire de sécurité défense du CNRS», peut-on lire dans la convocation.

Vincent Geisser date le début de ses ennuis à septembre 2004. «C’est là que se manifeste pour la première fois le fonctionnaire sécurité de défense (FD) du CNRS, raconte-t-il. Avant cette date, je ne connaissais même pas son existence».

Selon sa collègue Françoise Lorcerie, qui travaille dans le même labo que lui,  «les premières manifestations de ce fonctionnaire datent de quelques années». «On a essayé de se renseigner, raconte-t-elle, il semble qu’il ait le grade de général, mais on ne sait pas quelles sont ses prérogatives, ni ce qu’il fait au CNRS, ni en quoi il est qualifié pour valider nos travaux».

De son bureau su siège du CNRS, Joseph Iland a un droit de regard sur les travaux des chercheurs. «Quand on part en mission à l’étranger dans des pays sensibles, on est obligés de lui communiquer nos plans de mission: qui on va rencontrer, où on va loger, poursuit Françoise Lorcerie. Et on doit avoir son autorisation pour partir».

En septembre 2004, Vincent Geisser débute une recherche sur les «chercheurs maghrébins ou d’origine maghrébine travaillant pour les institutions publiques françaises (université, CNRS et INSERM…)». «Il s’agissait pour mon équipe de faire une évaluation scientifique rigoureuse de la contribution des “chercheurs et des universitaires maghrébins » au rayonnement de la recherche française dans le monde», explique-t-il. Signe de son intérêt, ce projet sera financé par le CNRS à hauteur de 20 000 euros.

Vincent Geisser est un intellectuel engagé. Son livre sur La nouvelle islamophobie lui a valu des critiques. Sa proximité avec des musulmans fondamentalistes lui vaut d’être taxé, comme sur le site atheisme.org, «obsession islamophile» voire d’avoir «caressé les barbus dans le sens du poil».

A partir de septembre 2004, il se plaint d’une «surveillance étroite de la part du fonctionnaire défense du CNRS». Selon lui, l’un de ses collègues du Cevipof (centre de recherches politiques de Sciences-Po) a même consulté par le ministère de la Défense sur le «risque» que ses travaux ne cachent la constitution d’un «lobby arabo-musulman» au sein du CNRS.

Dans un mail privé, Vincent Geisser comparera alors «l’action sécuritaire du FD aux méthodes utilisées contre les Juifs et les Justes» pendant la seconde guerre mondiale. C’est ce qui lui vaut d’être convoqué devant les instances disciplinaires du CNRS.

Hier, cette affaire a commencé à agiter le Landerneau universitaire. Un collectif rassemblant la fine fleur des chercheurs en sciences humaines (voir la liste ci-dessous) a envoyé à Valérie Pécresse une lettre ouverte de protestation contre ce qu’ils qualifient d’«atteinte à liberté de pensée et d’expression». Ses collègues de l’Iremam préparent une motion de soutien qui sera envoyée aux membres de la commission chargés de statuer sur son sort. Et une pétition publique devrait être lancée.

COMITÉ DE LANCEMENT
Jean-Christophe ATTIAS, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études, Etienne BALIBAR, professeur émérite à l’Université de Paris 10, Nanterre, Nicolas BANCEL, professeur à l’Université de Strasbourg, détaché à l’Université de Lausanne, Jean BAUBEROT, professeur émérite de la chaire Histoire et sociologie de la laïcité à l’Ecole pratique des hautes études (EPHE), Esther BENBASSA, directrice d’études à l’EPHE, Daniel BENSAID, professeur de philosophie à l’Université de Paris 8, Pascal BONIFACE, géopolitologue, Université de Paris 8, Marie-Françoise COUREL, directrice d’études à l’EPHE, présidente honoraire de l’EPHE, ancienne directrice scientifique du département SHS du CNRS, Denis CROUZET, professeur à l’Université Paris-Sorbonne (Paris 4), Alain DE LIBERA, professeur d’histoire de la philosophie médiévale à l’Université de Genève, directeur d’études à l’EPHE, Christine DELPHY, directrice de recherche émérite au CNRS, Éric FASSIN, enseignant-chercheur à l’École Normale Supérieure, Nacira GUENIF, sociologue, maître de conférences à l’Université Paris Nord, Edgar MORIN, directeur de recherche émérite au CNRS, Laurent MUCCHIELLI, directeur de recherche au CNRS, Denis PESCHANSKY, directeur de recherche au CNRS, ancien directeur adjoint du département SHS du CNRS, Roshdi RASHED, directeur de recherche émérite au CNRS, professeur honoraire à l’Université de Tokyo, Olivier ROY, directeur de recherche au CNRS, Vincent TIBERJ, chercheur au Centre d’Etudes Européennes de Sciences Po et maître de conférence à Sciences Po, Tzvetan TODOROV, directeur de recherche honoraire au CNRS, Jérôme VALLUY, enseignant-chercheur, science politique, Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1, CRPS, TERRA)

Maintenant imaginons que cette personne soit arabe et musulmane……….. elle ne serait pas arrivé à ce poste …………

~ par solidusnakeparis sur juin 19, 2009.

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